Vive la diversité !

Ce jeudi 8 juillet, fidèle à son goût pour la diversité, Jonhatan Canuti, le designer de la marque Studio Clandestin a fait monter sur son podium, une femme dont la chevelure grise et les rides du visage révèlent l’âge. Et cette femme n’était autre que moi.

Je suis hors des standards de beauté : petite 1m60 à peine, pulpeuse avec une poitrine qui avoisine les 90C et une taille qui oscille entre le 38 les bons jours et le 40 les mauvais. Cerise sur le gâteau, j’ai 52 ans… autant vous dire que j’ai plutôt l’habitude d’être catalogué « old fashion » que « it girl ».

Bien que l’allure n’ait pas d’âge et que la « senior attitude » soit en ce moment en vogue. Les critiques acerbes voire extrêmement violentes, essentiellement sur les réseaux sociaux pleuvent et font couler beaucoup d’encre… et de larmes. Certains s’enferment dans leur douleur, d’autres exposent leur corps comme un étendard en réponse aux détracteurs et puis il y a ceux qui n’ont aucune bataille à mener à part celle de se faire plaisir et par ricochet faire plaisir aux autres. Je fais partie indubitablement de cette dernière catégorie.

Le gris is the new black.

Le temps fait bien les choses… aujourd’hui la mode ne rime plus avec « roule jeunesse ». Dans les publicités et sur les défilés, les beautés ridées s’imposent – Allélouia ! À l’époque du body positivisme et des campagnes inclusives, notre visage et nos courbes sont tout aussi cools que ceux des plus célèbres fashionistas.

Le gris fait fureur et des émules comme la journaliste et écrivaine Sophie Fontanel, qui arbore désormais sa chevelure blanche. Ainsi, via les réseaux, on a pu suivre ses aventures capillaires, de l’arrêt des teintures à la repousse immaculée ; un cheminement qu’elle assume pleinement, contribuant à l’acceptation d’un des plus grands symboles du vieillissement chez les femmes, mais aussi auprès des marques.

Un défilé hors du commun

Mais revenons au défilé de Studio Clandestin. Un moment incroyable qui marquera les esprits pour sa force de proposition et sa fraîcheur. Le défilé d’après confinement se déroulait « en présentiel » dans les jardins du luxueux hôtel AC Marriot. Après une année si particulière, c’est un vrai moment de mode authentique que nous offre Jonhatan Canuti avec une collection aux silhouettes non genrés, des matières up-cyclés, des tissus mixés, des découpes maitrisées. Johnatan, est libre de ses choix et sa créativité s’en ressent, il joue avec des coloris neutres, des lignes nettes, des effets surprenants. Sa ré-interprétation si personnelle le rend terriblement attachant. Son style est lié intrinsèquement à son amour du sud.

Originaire de Vallauris, il travaille et fait travailler tous les artisans de sa région bien aimée. L’amour l’emporte sur tout le reste. Et c’est encore le mot « amour » brodé sur ses tee-shirts qui a largement contribué au succès de sa marque. On ne peut s’empêcher de faire le lien entre Jonhatan Canuti et Simon Porte Jacquemus. Le sud, la modestie, la créativité intemporelle, l’amour, le sourire… les animent tout deux. Mais, la comparaison s’arrête bel et bien là. Si l’un connait bien le travail de l’autre… le plus célèbre des deux fait aujourd’hui défiler devant un parterre de stars des mannequins les plus côtés du moment comme Kendall Jenner, Bella Hadid, Adut Akech ou encore Jill Kortleve. Un monde les sépare. Et pourtant… il suffit d’un petit je ne sais quoi pour mettre en lumière « Studio Clandestin ». Un peu de patience encore.

En conclusion…

Je suis extrêmement fière de porter ses tenues et pas uniquement quand je suis en représentation. Ses vestes courtes aux épaules larges sont des pépites, ses chemises sont extrêmement bien coupées, ses pantalons ont une allure folle, ses trenchs n’ont rien à envier à ceux de Burberry. Sa mode ne se démode pas, elle évolue, elle mue. Elle réunit tous ceux qui s’aiment. Elle rassemble tous ceux qui l’aiment.